Cereus peruvianus

Cactus le plus populaire du genre Cereus et plus globalement un des plus populaires des cactus cierges, le Cereus peruvianus, aussi surnommé Cereus du Pérou ou cactus cierge du Pérou, a une histoire assez complexe. Ce cactus, originaire d’Argentine, et plus globalement d’Amérique du Sud, est aujourd’hui désigné Cereus peruvianus suite à une erreur, puisque dans la plupart des cas, il s’agit du Cereus hildmannianus ssp. uruguayanus (originaire d’Uruguay). Par extension, il est donc possible de croiser le nom de Cereus hildmannianus peruvianus pour le désigner.

Le Cereus peruvianus ‘Monstruosus’ est aussi impacté par cette erreur : il s’agit de la forme monstrueuse de la sous-espèce Cereus hildmannianus ssp. uruguayanus.

Cereus peruvianus : un nom hérité d’une série d’erreurs

Le nom de l’espèce peruvianus, créé en 1753 par le botaniste Carl von Linné, a été intégré en 1968 au genre Cereus par le botaniste Philip Miller. Cependant, l’espèce qui a été intégrée ne serait pas la bonne et la plupart des botanistes s’accordent à dire que le Cereus peruvianus, dans la conception de son auteur original, Linné, est l’espèce appelée aujourd’hui Cereus repandus.

Aussi, en 1828, le botaniste Augustin-Pyramus de Candolle a donné le nom de Cereus peruvianus ‘Monstrosus’ à une forme monstrueuse d’un autre cactus, originaire du sud-est de l’Amérique du Sud. Cette nouvelle erreur s’est ensuite étendue à la forme non monstrueuse de cette espèce.

Pour la corriger, le botaniste Roberto Kiesling a créé en 1982 le nom Cereus uruguayanus, et en 1998, Nigel Taylor a reclassé cette espèce en sous-espèce de Cereus hildmannianus (en l’honneur du botaniste allemand Heinrich Hildmann).

Ainsi, l’immense majorité des cactus nommés Cereus peruvianus en magasin et en culture sont en fait des Cereus hildmannianus ssp. uruguayanus, et Cereus hildmannianus ssp. uruguayanus f. monstruosus pour leur forme monstrueuse.

Pour résumer :

  1. Les Cereus peruvianus « initiaux » sont les Cereus repandus d’aujourd’hui ;
  2. Les Cereus peruvianus que l’on trouve en magasin sont des Cereus hildmannianus ssp. uruguayanus, voire parfois, des Cereus ‘Fairy Castle’, variétés horticoles (cultivars) d’Acanthocereus tetragonus ;
  3. Les Cereus peruvianus ‘Monstruosus’ (les apostrophes signifiant qu’il s’agit d’un cultivar) que l’on trouve en magasin sont des Cereus hildmannianus ssp. uruguayanus f. monstruosus ;
  4. Certains Cereus repandus que l’on trouve en magasin sont aussi des Cereus hildmannianus ssp. uruguayanus puisque les vendeurs ont considéré que Cereus peruvianus = Cereus repandus.

Du coup, une erreur en entrainant une autre, il est parfois compliqué aujourd’hui de distinguer toutes ces espèces et sous-espèces de Cereus, si bien qu’on peut aujourd’hui considérer que Cereus peruvianus = Cereus hildmannianus ssp. uruguayanus et que Cereus peruvianus ‘Monstruosus’ = Cereus hildmannianus ssp. uruguayanus f. monstruosus.

Sur cette page, c’est la sous-espèce dans sa forme classique que nous évoquerons, le Cereus peruvianus initial (aujourd’hui appelé Cereus repandus) a droit à une page spéciale. Globalement, le Cereus peruvianus a des côtes plus droites et plus hautes, des aréoles plus foncées et un épiderme plus vert ou bleuté avec l’âge. Le Cereus peruvianus, à la différence du Cereus repandus, ne possède pas de petits sillons transversaux (horizontaux, au-dessus et en-dessous des aréoles). Les deux cactus se cultivent néanmoins de la même manière, à peu de choses près.

Cereus peruvianus : description et fleurs

Très largement surnommé cierge du Pérou, le Cereus peruvianus (Cereus hildmannianus ssp. uruguayanus) est un grand cactus colonnaire qui peut atteindre une petite dizaine de mètres de hauteur dans son habitat naturel (sans doute sur le podium des plus grands cactus derrière le Pachycereus pringlei et le saguaro). En culture en France, il est rare qu’il dépasse les 3 mètres de hauteur. Ses tiges portent d’ailleurs facilement les marques de sa croissance, plutôt rapide si les conditions de culture sont respectées.

Il s’agit d’un cactus ramifié de couleur verte à vert bleuté ou foncé (souvent avec l’âge) dont la base peut atteindre une vingtaine de centimètres de diamètre. Ses côtes, entre 5 et 9, sont assez profondes et érigent des aréoles brunâtres ou marron qui portent des épines courtes (1 centimètre au maximum) et rigides, espacées d’environ 2 centimètres. Les aréoles portent des épines plus nombreuses et plus longues en haut de la plante, vers l’apex, qui possède aussi un duvet de la même couleur que les aréoles.

La floraison de ce cactus colonnaire intervient la nuit en été et offre des fleurs éphémères (une seule nuit) d’une quinzaine de centimètres lorsque le cactus est suffisamment âgé (au moins 5 ans). Les fleurs blanches (qui ressemblent à celles de l’Epiphyllum oxypelatum), en forme de coupe, laissent ensuite place à des fruits charnus, remplis d’une multitude de graines. Le fruit du Cereus peruvianus ressemble au pitaya (fruit du dragon), il est de couleur rouge à jaune et contient une pulpe blanche et des graines noires.

En plus de sa forme « monstrueuse » (Cereus peruvianus ‘Monstruosus’) qui peut être « variegata » (Cereus peruvianus var. monstruosus f. variegatus), le Cereus peruvianus possède une forme « cristata », appelée Cereus peruvianus f. cristatus, ou encore une forme « en spirale », généralement appelée Cereus peruvianus ‘Tortuosus’, Cereus peruvianus ‘Spiralis’ ou Cereus peruvianus ‘Spiraliformis’.

Le Cereus peruvianus, un cactus anti-ondes et pollution ?

Comme nous l’avons vu sur la fiche consacrée au genre Cereus, une croyance populaire laisse croire que le Cereus peruvianus (Cereus hildmannianus ssp. uruguayanus) aurait la propriété d’absorber les ondes électromagnétiques, telles que celles émises par les micro-ondes, ordinateurs, Wifi ou autres appareils d’intérieur.

Le président du Centre de recherche et d’informations indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem) et expert européen en rayonnement non-ionisant, Pierre Le Ruz, considère que cette théorie est sans fondement :

Nous avons fait des tests dans le cadre de mesures physiques, en plaçant des cactus près d’un ordinateur. On obtient les mêmes valeurs d’ondes électromagnétiques, l’exposition est identique. Aucune étude sérieuse ne prouve ce phénomène.

Pour rue89

Le Cereus peruvianus n’est donc pas un cactus anti-radiation ou anti-polluant, et le cactus n’est pas une plante dépolluante des ondes en général.

Cereus peruvianus : culture et entretien

Le Cereus peruvianus est un cactus qui a une croissance rapide s’il est cultivé dans les bonnes conditions, et d’autant plus s’il est cultivé en pleine terre. Si ce n’est pas possible, il faut qu’il soit cultivé dans un pot suffisamment profond, puisque ses racines sont nombreuses et longues.

Un substrat standard pour cactus lui conviendra : 1/3 de terre de jardin, 1/3 de terreau et 1/3 de sable grossier de rivière lavé (ou sable de chantier). Le sable peut aussi être remplacé par de la perlite ou tout autre élément pouvant assurer le drainage.

La culture en extérieur en pleine terre ou en serre est idéale puisqu’il s’agit d’une espèce rustique qui peut résister à des gelées de l’ordre de -5 à -10 °C dès lors que le sol reste sec. Toutefois, il est préférable de ne pas l’exposer à des températures inférieures à 5 °C. Si vous cultivez ce cactus en pot, essayez de le sortir le plus possible pour qu’il puisse bénéficier d’un maximum de luminosité et de soleil pour lui éviter de s’étioler. Attention néanmoins aux jeunes sujets qui devront être habitués progressivement au plein soleil : il faudra commencer par les exposer à l’ombre ou à la mi-ombre pour leur éviter les brulures dus aux coups de soleil. Pour la culture en intérieur, essayez de placer votre cactus dans une pièce de la maison non chauffée ou plus fraiche en hiver, puisque sans cette phase hivernale, il sera presque impossible pour lui de fleurir !

L’arrosage du Cereus peruvianus n’est pas complexe, il doit suivre le rythme d’arrosage standard des cactus : toutes les deux semaines au printemps, toutes les semaines en été ou tous les 3 ou 4 jours s’il fait très chaud (en extérieur), une fois à l’automne et aucun en hiver (novembre à mars). Durant la période de croissance, et dans le cas des cultures en pot, vous pouvez apporter un peu d’engrais liquide avec l’eau d’arrosage.

Cereus peruvianus : bouture et semis (multiplication)

Cereus peruvianus fruit
Graines contenues dans le fruit du Cereus peruvianus

Le cactus cierge Cereus peruvianus peut être bouturé ou semé.

  • Le bouturage n’est pas complexe à réaliser puisque ce cactus est un cierge qui produit des ramifications : il vous suffira de couper l’une des ramifications, de la laisser sécher et de la replanter. Plus d’informations sur le bouturage des cactus.
  • Le semis demande plus de patience mais peut se faire sans problème. Plus d’informations sur le semis des cactus.
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