Le Pachypodium ou cactus de Madagascar

Pachypodium lamerei
Pachypodium lamerei

Il est courant de considérer que certaines plantes sont des cactus car elles possèdent des épines : c’est le cas du Pachypodium, que l’on appelle aussi palmier de Madagascar ou parfois cactus de Madagascar à cause de la plupart de ses espèces (Pachypodium lamerei, Pachypodium saundersii, Pachypodium bispinosum ou Pachypodium geayi par exemple) qui ont de nombreuses épines.

A l’instar des Euphorbia, Stapelia, Lithops, Dahlias cactus, et parfois même, Aloe vera, les Pachypodium ne font pas partie de la famille des Cactaceae. Le genre Pachypodium fait partie de la famille des Apocynaceae et comprend 20 espèces, les 3/4 provenant de Madagascar (où elles sont endémiques, elles y sont présentes naturellement) et le dernier quart du sud de l’Afrique. Malgré ses surnoms, il s’agit donc d’une plante succulente qui n’est ni un cactus, ni un palmier (famille Arecaceae).

Le nom Pachypodium vient du grec “pakhus” signifiant “épais” et “podos” signifiant “pied”, en référence aux tiges très épaisses à la base de ces plantes. Il s’agit en effet de plantes à caudex, c’est-à-dire que leur tronc est très épais, il sert à stocker l’eau pour résister aux périodes de sécheresse. Aussi, cette plante produit un latex (liquide blanc) vénéneux, surtout le Pachypodium lealii, attention donc lorsque vous la manipuler. Enfin, ses feuilles sont peu succulentes (= peu riches en eau) et caduques (= tombent en hiver).

Description des différentes espèces de Pachypodium

Nous l’avons vu, la plupart des espèces de Pachypodium sont épineuses, raison principale pour laquelle elles sont assimilées à des cactus. Voici les espèces les plus courantes de palmiers de Madagascar.

  • Pachypodium lamerei : peut-être l’espèce la plus connue. Originaire du sud de Madagascar, elle possède un tronc très épineux d’une cinquantaine de centimètres au maximum, ramifié avec l’âge. Elle mesure jusqu’à 10 mètres de haut et ses épines de 2 centimètres sont regroupées par 3 ou 5. Ses feuilles sont vertes foncées, réunies en couronnes. En hiver, elle perd une bonne partie de ses feuilles, voire la totalité d’entre elles. Sur les Pachypodium lamerei de plus de 10 ans, des fleurs blanches pourront apparaitre.
  • Pachypodium geayi : cette espèce ressemble fortement au Pachypodium lamerei. Son tronc est bombé et de couleur plus grisâtre. Ses épines sont groupées par 3 et absentes des parties les plus âgées du tronc. Elles sont aussi couvertes de petits poils à leur naissance. Les feuilles du Pachypodium geayi sont plus longues et plus fines que sur sa consœur lamerei. Après 3 mètres de hauteur, le tronc se ramifie.
  • Pachypodium decaryi : une espèce qui peut attendre jusqu’à 12 mètres de haut, au tronc charnu et bombé à la base. Elle se ramifie rapidement, ses branches sont alors fines et épineuses à leur extrémité. A noter que son tronc n’est pas pourvu d’épines, il est lisse et gris. La floraison du Pachypodium decaryi intervient en hiver, ses fleurs, parfumées et blanches, sont souvent regroupées. Ses feuilles sont pointues et mesurent 5 à 10 centimètres de long et entre 3,5 et 5 centimètres de large.
  • Pachypodium densiflorum : originaire du centre de Madagascar et mesurant 70 centimètres de haut et 2 mètres de diamètre maximum. Cette espèce se reconnaît principalement grâce à ses nombreuses fleurs jaunes dont les étamines dépassent largement du tube floral.
  • Pachypodium lealii : une espèce arbustive de Pachypodium, mesurant entre 3 à 8 mètres de hauteur. Son pied est parfois ramifié et mesure 40 centimètres de diamètre (ou davantage), plus fin à la pointe, ce qui lui confère une forme de bouteille. L’épiderme du Pachypodium lealii est gris ou brun et comporte plusieurs cicatrices plus foncées. Ses branches, situées à l’apex, sont couvertes de petites excroissances, bases de 2 à 3 épines de 3 centimètres environ. Avec l’âge, les feuilles sont caduques (elles tombent) lors des saisons chaudes. Ses fleurs sont blanches à tube violet et au revers rouge/pourpre.
  • Pachypodium saundersii : une espèce qui pousse à l’est de l’Afrique du Sud, proche de sa consœur lealii, dont la forme est plus “en bouteille” et plus grande. Malgré une croissance rapide, le Pachypodium saundersii est plus petite et ne mesurera que 2 mètres de haut maximum. Ses branches sont couvertes d’épines, ses feuilles sont caduques et ses fleurs sont blanches au revers rose/violet.

Autres espèces fréquentes : Pachypodium bispinosum, Pachypodium rosulatum, Pachypodium ambongense, Pachypodium horombense, Pachypodium brevicaule, Pachypodium succulentum (fleurs blanches ou roses, voire blanches et roses). En magasin, on trouve aussi souvent la variété Pachypodium lamerei ramosum (plante naine, en bonzaï).

Pachypodium : culture et entretien

Globalement, on peut dire que le Pachypodium se cultive et s’entretient comme un cactus, puisqu’il faut faire attention aux mêmes éléments, à savoir : la luminosité (et donc l’exposition), l’arrosage, le substrat et les températures. Tout ça, en fonction des saisons et de l’environnement (extérieur, serre, intérieur) ! Attention aussi aux pucerons et cochenilles qui peuvent s’attaquer au palmier de Madagascar.

Pachypodium lamerei
Pachypodium lamerei (et Echinocactus grunosii)

Substrat

C’est souvent la première étape lorsque vous achetez une plante : son rempotage. En effet, en jardinerie ou en magasin, le substrat n’est souvent pas adapté car il contient beaucoup de tourbe. Le substrat idéal pour un Pachypodium doit être drainant et légèrement acide.

Comme pour les cactus, un substrat standard des trois tiers lui conviendra : 1/3 de terre de jardin, 1/3 de terreau et 1/3 de sable (tamisé pour éviter les blocs), pouzzolane, pierre ponce ou perlite pour le drainage. Pour ajouter un peu d’acidité à ce mélange, vous pourrez inclure un peu de tourbe, terre de bruyère ou compost d’écorce.

Température

Le palmier de Madagascar n’est pas une plante rustique, autrement dit, il ne résiste pas à des températures négatives ou proches de 0 °C. Ainsi, il est préférable de le cultiver en pot à l’intérieur ou en serre durant la saison froide, pour que la température ne descende pas en-dessous de 12 à 15 °C en hiver, sa période de repos.

Comme pour les cactus, la température hivernale plus fraiche conditionnera bien souvent la qualité de la floraison à venir. Si vous le pouvez, placez donc votre plante dans une pièce plus fraiche et bien aérée en hiver.

Lumière et exposition

Comme vous vous en doutez, un “palmier” a besoin de beaucoup de lumière. Ainsi, si vous le cultivez en pot à l’intérieur, placez-le derrière une vitre ou dans une véranda, en prenant soin de ne pas lui apporter de soleil direct (soleil qui réfléchit directement sur la vitre et sur la plante) qui pourrait brûler ses tissus. Pensez à tourner régulièrement votre Pachypodium pour que tous ses côtés reçoivent la même quantité de lumière et que son développement soit uniforme.

En été, vous pourrez néanmoins placer votre plante au soleil, après l’avoir habituée progressivement aux rayons du soleil. Le manque de lumière ne lui permettra pas de s’épanouir pleinement et pourra rendre sa floraison moins belle et moins longue.

Arrosage

Contrairement au cactus, le Pachypodium (palmier de Madagascar) doit être arrosé toute l’année, en quantité moindre en hiver.

  • Au printemps, arrosez toutes les 3 semaines à peu près ;
  • En été, arrosez tous les 15 jours ou tous les 10 jours s’il fait chaud. C’est aussi à cette période de l’année que vous pourrez lui apporter de l’engrais si vous le souhaitez ;
  • En automne (lorsque les feuilles chuteront – pour la plupart des espèces) et en hiver, 1 arrosage tous les mois ou les 2 mois suffira (tous les mois pour les petites plantes et tous les 2 mois pour les grosses plantes, qui ont plus de réserves). Evitez les vaporisations sur les feuilles qui ne feront qu’accentuer leur chute.

Dans tous les cas, l’arrosage doit être fait en profondeur, autrement dit, toute la terre doit être imbibée d’eau. Laissez l’eau s’écouler par le pot pour en être sûr(e). Aussi, avant de procéder à un nouvel arrosage, vérifiez que le substrat est bien sec du précédent arrosage. En cas d’excès d’eau ou d’un mauvais drainage, attention à la pourriture.

Rempotage

Vous pourrez rempoter votre palmier de Madagascar durant le mois d’avril tous les 3 ou 4 ans, en suivant les mêmes conseils que pour les rempotages de cactus, et en choisissant un pot très légèrement plus grand que le précédent.

Pachypodium : fleurs et fruits

La floraison du Pachypodium intervient entre mars et juillet pour la plupart des espèces (âgées), en même temps que l’apparition des nouvelles feuilles, sauf pour le Pachypodium decaryi et le Pachypodium lealii qui fleurissent en hiver, le Pachypodium saundersii qui fleurit de l’automne au printemps, le Pachypodium geayi qui fleurit au milieu de l’hiver. Comme nous l’avons vu à la description des différentes espèces, les fleurs peuvent être blanches, rosées, jaunes, ou rouges, et peuvent parfois résister plusieurs mois, voire toute l’année hors période de dormance !

Pachypodium : multiplication par semis

Pour multiplier cette plante, le semis est la méthode la plus adaptée car le bouturage est rarement concluant, il ne donne pas de caudex.

Période de semis et précautions

Le semis de graines se fait idéalement entre le printemps et le début l’été, puis au début de l’automne. Il est préférable de ne pas le réaliser lorsque les températures sont trop élevées.

Semis palmier de Madagascar
Périodes de semis du palmier de Madagascar

Attention aussi à la maturité des graines : des graines pas assez mures ne germeront pas et graines trop vieilles lèveront difficilement.

Comment semer le palmier de Madagascar

Placez les graines dans une mini-serre spécial semis (à défaut, sous un couvercle, une cloche ou couvert d’un film transparent), en les espaçant de 3 centimètres et en les enfonçant légèrement dans un substrat plutôt sableux, comme par exemple : 1/3 de granite, 1/3 de terreau tamisé et 1/3 de sable tamisé.

Veillez à aérer régulièrement la serre, à maintenir la température autour de 25 °C, un niveau d’humidité suffisant (arrosez fréquemment) et une luminosité importante (pas de soleil direct). Ces éléments sont primordiaux pour la levée des graines qui intervient, si tout va bien, en moins de 10 jours. Si rien ne se passe au-delà de 15 jours et que toutes les conditions de culture étaient à priori réunies, il s’agit peut-être un problème de fraicheur des graines !

Lorsque les plants sont suffisamment grands, vous pourrez les repiquer dans des pots individuels tout en faisant attention aux racines, encore fragiles. Ensuite, vous pourrez les cultiver et en prendre soin normalement !

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